« Decrisse toé d’icitte tabarnak ! » – Petit manuel de survie à Montréal

7 février 2013 at 15 h 45 min

Tout le monde aime les Québécois. Ils mangent du sirop d’érable, ils ont les têtes à claque et ils ont un accent rigolo.

Mais connaît-on vraiment les Québécois ? C’est bien beau de parler avec un pseudo accent mais pouvez-vous parler québécois, le vrai, le vrai de vrai ?

« Tabernacle ! », c’est passé de mode, tout le monde le dit.

Aujourd’hui, nous vous donnons un top 5 des expressions à ne surtout pas apprendre ou répéter quand on va à Montréal, pour des raisons assez compréhensives.

Tout d’abord, petit historique de la langue québécoise : les jurons, ou «sacres» ont tous une origine catholique : le tabernacle était l’armoire dans laquelle étaient enfermées les hosties, la ciboire était la coupelle contenant les hosties pendant l’office, le calvaire est une croix, et ainsi de suite.

A l’époque de la colonisation du Québec, l’influence de l’Eglise catholique était si grande que certains considèrent les sacres comme un défouloir sur l’élite de l’époque : le clergé.

Avec le temps, les sacres sont entrés dans le vocabulaire courant. Chacun connaît le fameux « tabernacle » (Tabarnak pour les intimes) le « câlisse » et autre « crisse » (abréviation de Christ).

5.

En cinquième position, nous trouvons le relativement gentil :

« Maudit niaiseux »: une façon délicate de traiter quelqu’un d’imbécile et qui donne un certain cachet quand il est dit avec l’accent. Il n’en demeure pas moins que c’est pas très gentil de traiter les gens d’imbéciles.

4.

La quatrième position est occupée par :

« Crisse de cave ! » Un peu plus agressive que la précédente, un cave étant une personne littéralement creuse et donc encore plus stupide que le niaiseux classique. Franchement vous tenez vraiment à dire ça dans un pays que vous ne connaissez pas parfaitement face à des gens dont vous ne connaissez pas la musculature?

3.

Nous poursuivons notre aventure linguistique avec

« Ciboire de char qui part pas », expression assez courante en hiver, quand la température vient flirter avec les moins trente et que le véhicule en question a gelé dans la nuit. C’est certes joli à l’oreille mais pas très sympa pour votre voiture.

2.

La deuxième place est occupée par :

« Calice moé patience avec ça ! » , une façon assez peu délicate de dire aux gens de les laisser tranquille au sujet d’une affaire en cours. Ou comment se couper du monde.

1.

Et nous terminons ce tour par le pire du pire, une sorte d’Avada Kadevra de la grossiéreté, un impardonnable qui vous vaudra sans doute des regards lourds de reproches de la part des passants (si vous avez de la chance) des remarques (si vous avez encore de la chance) un un coup de poing (parce que jurer comme ça, ça se fait pas, sans blague)

« Crisse de tabarnak de Saint Ciboire de Saint Sacrement de Câlice d’hostie de côlon »

Inutile de traduire, je pense, vous avez compris que plus vous accumulez des horreurs plus l’horreur s’amplifie.

Voilà vous savez maintenant qu’utiliser des termes religieux avec une certaine intonation c’est pas le truc à faire par acquis de conscience d’une part, et parce que franchement, j’espère que vous n’êtes pas parti pour aller insulter les gens et les voitures.

 Article rédigé par Juliette V.